Stupeur et consternation, la nouvelle est tombée voici déjà quelques semaines, le célèbre magazine de charme a demandé aux playmates qui agrémentent ses pages de se rhabiller, il n’y aura plus de femme nues dans Play Boy. Vraiment ? Mais alors, que restera-t-il ?

 

Le premier Play Boy

Les playmates n'ont plus qu'à se rhabiller

Les playmates n’ont plus qu’à se rhabiller

Décembre 1953, Marilyn Monroe fait la une du premier numéro de Play Boy lancé par Hugh Hefner qui est aujourd’hui âgé de 89 ans. Celui ci n’avait pas jugé utile de mettre une date sur sa couverture, car il ne savait pas s’il y aurait un deuxième numéro. En effet, lancer un magazine comme Play Boy dans l’Amérique puritaine des années 50 était une gageure. Non seulement il y aura un deuxième numéro, mais beaucoup d’autres. Et le magazine ne faisait qu’annoncer la libéralisation des mœurs de la décennie suivante.

Poser pour Play Boy

Poser pour Play Boy a permis à certaines jeunes inconnues comme Jenny McCarthy ou Anna Nicole Smith d’accéder immédiatement à la célébrité. Pour des stars au sommet de leur gloire comme Bo Derek, Madonna ou Drew Barrymore c’était apporter une forme de caution attestant de leur sex-appeal. Être une star, c’est bien, être une star sexy, c’est mieux.

Des interviews célèbres

Play Boy c’est aussi des interviews célèbres avec des intervenants inattendus :

  • Miles Davis
  • Vladimir Nabokov
  • Jonh Lennon en compagnie de Yoko Ono (peu de temps avant sa mort en 1980)
  • Jimmy Carter

 

Cette interview de Jimmy Carter, qui date de 1976, a eu lieu alors qu’il n’était que candidat à l’élection présidentielle et, dans une Amérique très stricte sur le principe de fidélité dans le couple, déclarait de façon surprenante : « C’est avec désir que j’ai souvent regardé les femmes ». 

Il n’y a pas de croissance éternelle

L’offre actuelle de Play Boy ne correspond plus à la demande. Pourtant, le magazine a connu un grand succès. Vendu à 5,6 millions d’exemplaires en 1975. Il accuse aujourd’hui une chute spectaculaire de ses ventes qui plafonnent seulement à 800.000 exemplaires diffusés cette année. Pour l’anecdote, son record de vente fut atteint en novembre 1972 avec une diffusion à plus de 7 millions d’exemplaires, ceci grâce à l’utilisation un peu fortuite d’un fragment de la photo d’une playmate du magazine qui est devenu par la suite un standard scientifique servant de test pour les algorithmes de traitement d’images…

Une image de marque à vendre

Aux États-Unis, le titre accuse 3 millions de dollars de pertes, mais il fait des profits à l’étranger.  Car Play Boy, c’est aussi une image de marque et le célèbre lapin avec un nœud autour du cou est aussi reconnaissable que les logos d’Apple ou de Nike. En Chine où le magazine n’est pas diffusé, les recettes sont générées par l’utilisation du logo Play Boy par les fabricants de produits pour le bain, de parfums, de vêtements, d’alcools ou de bijoux, etc. 

Internet a changé la donne

Play Boy n’est pas le seul touché, car beaucoup de ses concurrents ont disparu et ceux qui résistent ont réduit leur contenu et sont aujourd’hui diffusés par des réseaux spécialisés. L’arrivée d’internet et du porno gratuit a complètement modifié le jeu et donner un sérieux coup de vieux au magazine qui a vu chuter inexorablement ses ventes d’année en année. Ce qui était transgressif dans le passé est devenu aujourd’hui très banal, en effet pourquoi payer un magazine alors que l’on peut visionner gratuitement toutes sortes de vidéos pornographiques sur internet ?

Évoluer pour survivre ?

En retirant ses photos dénudées, le magazine a acquis le droit d’intégrer les réseaux sociaux et ses leaders Facebook, Twitter et Instagram sans lesquels il est aujourd’hui difficile de se développer. L’ère du magazine de charme « à la papa » est bien révolue. Aujourd’hui le développement se fait ailleurs, via le numérique. Ainsi, Play Boy récolte déjà les premiers fruits de ses changements de stratégie commerciale. Au mois d’août dernier, son site a connu une hausse de fréquentation significative en quadruplant son audience et en la rajeunissant de façon assez spectaculaire, en passant de 47 ans à 30 ans. Ce n’est qu’un début qui vient confirmer, si besoin en était, que le vieux dinosaure n’a pas dit son dernier mot !